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Du vibe coding à l’ingénierie agentique

Le vibe coding n’est pas « avec IA » ou « sans IA ». C’est un spectre : ce qui compte, c’est la vérification avant de livrer.

Spectre du vibe coding à l’ingénierie agentique : le séparateur est la vérification

Le vibe coding a un mérite : il a mis un nom sur une pratique déjà là. On décrit ce qu’on veut, on accepte ce qui revient, et quand ça casse on recolle l’erreur dans le prompt. Andrej Karpathy l’a formulé ainsi début 2025. Le problème est venu après. Le mot a tout recouvert, du script du week-end au paiement en production.

Le papier d’Osmani, Saboo et Kartakis (mai 2026) remet le mot à sa place. Ce n’est pas « avec IA » ou « sans IA ». C’est un spectre. D’un côté, une intention vague et une vérification au feeling. De l’autre, l’agentic engineering : des specs, une architecture écrite, des tests et des evals qui bloquent ce qui n’est pas bon, un humain qui garde le jugement. Le même agent peut servir les deux. Ce qui change, c’est ce qu’on met autour.

La vraie question pour un comité

La question utile n’est donc pas « est-ce que vos équipes utilisent un agent de code ». C’est « sur quel bout du spectre est ce système ». Un prototype interne peut vivre à gauche. Une API qui touche l’argent ou un dossier client doit vivre à droite. La plupart du travail réel est au milieu, et le métier consiste à tracer la ligne tâche par tâche, pas à choisir un outil pour toute l’entreprise.

Le papier donne un chiffre de contexte, à prendre comme le sien : début 2026, 85 % des développeurs professionnels utiliseraient régulièrement un agent de code, 51 % tous les jours, et environ 41 % du code nouveau serait généré par IA. Même si l’on discute le pourcentage, la direction est nette. Le risque n’est plus l’adoption. C’est l’adoption sans critère de vérification.

La vérification est le séparateur

Le seul vrai séparateur, selon les auteurs, est la vérification. À gauche, on lance et on regarde si « ça a l’air de marcher ». À droite, les tests couvrent ce qui est déterministe, les evals couvrent ce qui est flou, et les deux sont des portes, pas des options. C’est exactement le trou qu’on voit dans les PoC qui ne sortent pas du labo : la démo a convaincu, personne n’a écrit ce qui devait être faux pour qu’on refuse de livrer.

Position YOWE

On n’interdit pas le vibe coding. On le cantonne à ce qui peut être jeté. Dès que le système reste, on passe à une ingénierie agentique : intention écrite, harness, tests, et un humain qui tranche l’architecture.